Notre
Manifeste

Pour une France souveraine, libre et puissante.

La Seine et l'Institut de France à Paris

Manifeste du Cercle Français

La France approche d'un moment de vérité. Depuis trop longtemps, elle semble hésiter entre le déclin accepté et les promesses de rupture jamais suivies d'effets. La dette s'accumule, l'industrie recule, l'autorité de l'État s'affaiblit, l'immigration demeure largement incontrôlée, l'école peine à transmettre, le travail est écrasé de charges et de normes tandis qu'une révolution technologique sans précédent, celle de l'intelligence artificielle, bouleverse déjà nos économies et nos sociétés.

Face à cela, le débat public français continue trop souvent de tourner autour des mêmes querelles de personnes, des mêmes tactiques partisanes et des mêmes échéances électorales.

Le Cercle Français est né d'une autre ambition. Nous voulons créer un espace de réflexion, de proposition et d'action réunissant entrepreneurs, intellectuels, chercheurs, élus, hauts fonctionnaires, acteurs de terrain et citoyens autour d'une conviction simple : la France dispose encore de tous les moyens de redevenir une grande puissance politique, économique, industrielle, culturelle et technologique, à condition de retrouver la volonté de décider elle-même de son destin. Notre ligne tient en quelques mots : souveraineté, autorité, liberté, travail, innovation et transmission.

Conviction 01 / 10

Retrouver la souveraineté

Il n'existe pas de politique sans souveraineté. Un État qui ne maîtrise plus ses frontières, son énergie, son industrie, ses infrastructures stratégiques, sa défense ou ses technologies essentielles finit par ne plus choisir véritablement son avenir.

La souveraineté que nous défendons n'est ni le repli ni la nostalgie. Elle est la condition de la liberté collective.

La France doit retrouver une véritable autonomie stratégique : une défense puissante, une diplomatie indépendante, une industrie nationale solide et une politique énergétique fondée notamment sur l'atout considérable que constitue le nucléaire.

L'Europe doit elle-même redevenir un instrument de puissance plutôt qu'une machine à produire des contraintes. Nous voulons une Europe qui protège ses frontières, défend ses industries et ses intérêts, investit dans sa défense et ses technologies et assume enfin le rapport de force dans un monde où les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde et les nouvelles puissances émergentes ne s'embarrassent plus de nos naïvetés.

Être souverain au XXIe siècle, ce n'est pas s'isoler du monde. C'est être suffisamment fort pour y choisir ses alliances.

Conviction 02 / 10

Faire à nouveau du travail une promesse d'émancipation

La France ne retrouvera pas sa puissance sans retrouver le goût du travail, de l'entreprise et de la création de richesse.

Nous refusons une société dans laquelle celui qui travaille davantage a parfois le sentiment d'être davantage puni que récompensé. Nous refusons également un modèle qui considère l'entreprise comme une matière fiscale avant de la considérer comme le lieu où se créent les emplois et la prospérité.

Il faut simplifier radicalement les normes, réduire la dépense publique improductive, alléger ce qui pèse sur le travail, faciliter l'embauche et permettre aux PME, indépendants, artisans et entrepreneurs de consacrer leur énergie à produire plutôt qu'à remplir des formulaires.

Mais le travail ne peut pas être seulement une variable économique. Il doit redevenir une possibilité d'ascension sociale.

La droite ne peut abandonner ni les classes moyennes ni les catégories populaires. Elle doit parler simultanément au chef d'entreprise étouffé par les normes, au salarié qui voit son pouvoir d'achat diminuer, au jeune qui veut entreprendre et à l'ouvrier qui refuse de voir disparaître son usine.

Créer de la richesse avant de la distribuer devrait redevenir une évidence française.

Conviction 03 / 10

Faire de l'intelligence artificielle une cause nationale

Une révolution est en cours et elle est probablement aussi importante que le furent Internet ou la révolution industrielle. L'intelligence artificielle transformera le travail, la médecine, l'éducation, la défense, l'information, l'administration, la recherche et l'ensemble de notre économie.

La question n'est plus de savoir si cette révolution aura lieu. Elle a commencé. La seule question est de savoir si la France la fera ou la subira.

Nous refusons que notre pays devienne un simple consommateur de technologies conçues aux États-Unis ou en Chine.

La France possède des chercheurs, des ingénieurs, des entrepreneurs, des infrastructures et des entreprises capables de participer à cette compétition mondiale. Encore faut-il leur donner les moyens de rester, de grandir et d'investir en France et en Europe.

L'intelligence artificielle doit devenir une priorité nationale : formation dès l'école et l'université, soutien massif à la recherche, développement des capacités de calcul, énergie abondante, financement des entreprises technologiques, commande publique et intégration de l'IA dans l'administration.

Nous devons également réfléchir maintenant aux conséquences sur l'emploi. Certains métiers disparaîtront, beaucoup se transformeront et d'autres apparaîtront. La réponse ne peut être d'interdire l'innovation pour protéger le monde d'hier. Elle doit être de préparer les Français au monde de demain. Notre souveraineté sera aussi numérique ou elle ne sera plus.

Conviction 04 / 10

Reprendre le contrôle de l'immigration

Une démocratie doit pouvoir décider qui entre sur son territoire, qui peut y rester et à quelles conditions.

L'immigration ne peut plus être traitée par le déni, les slogans ou la culpabilisation. La France a le droit de fixer ses règles en fonction de ses capacités d'accueil, de ses besoins et de ses intérêts.

Cela suppose de reprendre effectivement le contrôle des frontières, d'exécuter les décisions d'éloignement, de lutter contre les filières clandestines, de conditionner davantage certains droits à la régularité du séjour et de défendre au niveau européen une politique beaucoup plus ferme de contrôle des frontières extérieures.

Mais maîtriser l'immigration signifie également réussir l'intégration de ceux qui ont vocation à demeurer en France.

La République ne peut accepter durablement la constitution de sociétés parallèles. Elle doit exiger la maîtrise du français, le respect des lois, l'adhésion aux principes fondamentaux du pays et l'acceptation de la primauté de la loi commune sur les appartenances communautaires ou religieuses.

Accueillir suppose de pouvoir intégrer. Intégrer suppose d'assumer ce que nous sommes.

Conviction 05 / 10

Restaurer l'autorité de l'État

La liberté n'existe durablement que lorsque l'ordre est garanti. La France doit retrouver une chaîne pénale cohérente : police, justice et exécution des peines. Une décision judiciaire qui n'est pas appliquée, une interdiction qui n'est pas contrôlée ou une peine qui perd toute signification affaiblissent progressivement la confiance dans l'État.

Nous voulons un État fort sur ses missions essentielles : sécurité, justice, défense, frontières, infrastructures, école.

Mais un État fort n'est pas nécessairement un État obèse. Le paradoxe français est d'avoir construit l'un des États les plus coûteux du monde tout en donnant parfois aux citoyens le sentiment qu'il n'est plus suffisamment présent là où ils l'attendent. Il faut inverser cette logique : moins de bureaucratie, davantage d'autorité ; moins de normes, davantage d'efficacité.

Conviction 06 / 10

Réindustrialiser la France

Il n'y aura pas de souveraineté française sans usines. La crise sanitaire, les guerres et la fragmentation du commerce mondial ont démontré les dangers d'une dépendance excessive. Médicaments, composants électroniques, défense, énergie, alimentation, infrastructures numériques : certaines productions ne peuvent plus être considérées uniquement à travers le prix le plus bas.

Réindustrialiser exige une énergie abondante et compétitive, une fiscalité stable, des procédures simplifiées, une formation professionnelle ambitieuse et une politique assumée de préférence pour les productions françaises et européennes lorsque nos intérêts stratégiques sont en jeu.

Une usine qui ouvre n'est pas seulement une statistique économique. C'est un territoire qui retrouve des emplois, des compétences, des familles et une perspective.

Conviction 07 / 10

Transmettre avant qu'il ne soit trop tard

Une nation n'est pas seulement un PIB, une administration et des frontières. Elle est aussi une histoire, une langue, une culture et une mémoire.

L'école doit retrouver sa première mission : transmettre. Maîtrise du français, histoire, sciences, mathématiques, culture générale, esprit critique et respect du professeur doivent redevenir prioritaires. L'égalité ne consiste pas à abaisser les exigences mais à donner à chaque enfant les moyens de les atteindre.

Nous assumons également l'attachement au patrimoine français, à ses paysages, à son architecture, à sa littérature et à son héritage historique.

Aimer ce que nous avons reçu n'oblige pas à idéaliser le passé. Cela oblige simplement à considérer que tout héritage mérite mieux que l'indifférence.

Conviction 08 / 10

Libérer les territoires

La France ne se résume pas à Paris. Les maires, départements, régions, entrepreneurs locaux et associations connaissent souvent mieux les réalités quotidiennes que les administrations centrales.

Nous voulons rendre davantage de responsabilités aux territoires et simplifier le millefeuille administratif français. La subsidiarité doit devenir un principe : ce qui peut être décidé efficacement au plus près du citoyen n'a pas à remonter systématiquement jusqu'à Paris.

La reconstruction française viendra aussi des villes moyennes, des campagnes, des industries régionales et de tous ceux qui font fonctionner le pays loin des plateaux de télévision.

Conviction 09 / 10

Préparer la France de 2040 plutôt que la prochaine élection

Le Cercle Français ne veut pas devenir une chapelle supplémentaire.

Notre ambition est précisément inverse : faire dialoguer les différentes sensibilités d'une droite française aujourd'hui éclatée, mais aussi tous ceux qui, sans nécessairement appartenir à un parti, partagent certaines convictions fondamentales sur l'autorité, la souveraineté, le travail, la liberté et la transmission.

Nous voulons réunir des élus qui savent administrer, des entrepreneurs qui savent créer, des chercheurs qui comprennent les transformations du monde, des intellectuels capables de penser le temps long et une nouvelle génération qui refuse que le déclin français soit présenté comme une fatalité.

Les échéances de 2027 comptent. Mais 2027 ne peut être notre seul horizon.

La France doit savoir quelle politique énergétique elle mènera en 2040, quelle place elle veut occuper dans la révolution de l'intelligence artificielle, quelle industrie elle souhaite conserver, comment elle financera son modèle social, quelle immigration elle acceptera, quelle armée elle veut posséder et, surtout, ce qu'elle souhaite transmettre aux générations suivantes.

Conviction 10 / 10

Notre manifeste : reconstruire plutôt que renoncer

Nous croyons à une France qui contrôle ses frontières sans se fermer au monde ; qui protège son identité sans craindre l'avenir ; qui récompense le travail plutôt que l'assistance ; qui libère ses entrepreneurs plutôt que de les soupçonner ; qui maîtrise l'intelligence artificielle plutôt que de la subir ; qui produit son énergie plutôt que de dépendre des autres ; qui réindustrialise plutôt que de regarder fermer ses usines ; qui restaure l'autorité sans renoncer aux libertés ; qui transmet son histoire sans demander pardon d'exister.

Nous croyons surtout que la France n'est pas condamnée au déclin.

Elle possède encore les infrastructures, les talents, l'histoire, la puissance militaire et diplomatique, les entrepreneurs, les ingénieurs, les territoires et la créativité nécessaires pour retrouver son rang.

Ce qui lui manque le plus n'est peut-être ni l'argent ni les compétences.

C'est une direction à prendre mais surtout à donner. Le Cercle Français veut contribuer à la définir. Non pas une candidature de plus. Non pas un parti de plus.

Mais des idées, des hommes et des femmes, un projet et une volonté commune : rendre à la France la maîtrise de son destin.

Ces convictions sont les nôtres.
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