Le système international hérité de 1945 traverse aujourd’hui une phase de tension et d’instabilité durable, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette situation impose un diagnostic lucide, débarrassé des lectures simplistes et binaires ou des postures de rejet systématique de ce nouvel ordre qui s’installe. Et ne pas être défaitiste pour autant ! Le fait d’imaginer avec espoir que tout reviendra à la normale avec le départ de Donald Trump à la fin de son mandat en 2030 est un leurre. Le monde évolue rapidement, dans un environnement de plus en plus incertain, et les équilibres qui structuraient l’ordre international sont profondément remis en cause parce que l’Occident est avant tout défié comme jamais.
L’ordre issu de 1945 reposait sur une ambition claire : prévenir le retour des conflits majeurs en instaurant un système régulé par des institutions capables de dépasser les logiques strictement étatiques. Ce modèle, largement façonné par les puissances occidentales, apparaît désormais fragilisé, voire inadapté à la réalité contemporaine, de nombre de pays de la communauté internationale, qui ne se sentent pas compris ou défendus à travers le prisme des Nations Unies et qui se laissent séduire par la montée d’un monde alternatif qui leur vend d’autres réalités et des lendemains meilleurs.